On Refait le Foot

Et si on (se) posait les bonnes questions ?

Introduction

L’Euro 2016 s’est terminé il y a peu. Ceux (et celles) qui n’aiment pas le foot diront : « Ouf ! Enfin !! ». Ceux (et celles) qui l’apprécient (et/ou qui ont du mal à digérer la défaite française) en seront dépités. Personnellement, j’ai encore du mal à me situer, à savoir dans quel camp je me trouve…

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Pourtant, d’un côté, j’aime tous les sports et, globalement j’apprécie le football et ses valeurs d’intégration potentielle, son universalité, son pouvoir de rassemblement et de partage, le jeu en lui-même tout simplement, etc. J’ai longtemps joué au foot avant de bifurquer vers le tennis. J’ai pendant 2 ans été abonné aux matchs du Racing Club de Strasbourg (c’était avant la descente aux enfers). J’ai fréquenté le Vélodrome (Marseille), le Parc des Princes (Paris), le Stade de France (Saint-Denis), Louis II (Monaco), le Stade de la Route de Lorient (Rennes), Bollaert (Lens), etc. Bref, ce sport est loin de me laisser indifférent, bien au contraire. Et quel autre sport dans le monde peut autant rassembler et donner de la joie et du rêve à une population entière ? Certainement aucun, plus que le football.

Mais, d’un autre côté, comment se fait-il qu’il concentre tant de défauts et de valeurs que pour rien au monde je ne voudrais inculquer à mes enfants ? Des valeurs négatives qui, à ma connaissance, ne se retrouvent quasiment dans aucun autre sport (et de façon certaine, jamais de façon aussi concentrée) ! Quelques exemples par type de population concernée :

Les joueurs : simulations incessantes, hurlement pour un contact à peine effleuré, crachats (existe-t-il des statistiques sur le nombre de crachats éjectés par un joueur de haut niveau dans un seul match ? C’est juste effarant… Dire que 5 minutes après, ils plongent dedans…), discussions vaines et hypocrites auprès de l’arbitre, gestes multiples d’anti-jeu, manque de respect et de fair-play envers l’adversaire et les institutions, etc. Sans parler des « affaires extra-sportives », bien sûr…

Les entraineurs (qui devraient logiquement être des « éducateurs ») : protestations incessantes envers les arbitres, hurlements bras en croix pour réclamer des fautes inexistantes (tout en sachant très bien qu’elles sont inexistantes), absence totale d’éducation des joueurs (si ces derniers simulent, c’est bien qu’on les y incite – qu’on les y entraîne ? – ou, a minima, qu’on ne les empêche pas de le faire), etc. Joueurs et entraineurs n’arrêtent pas de critiquer les arbitres alors qu’ils sont les premiers à leur pourrir la vie. S’il y avait moins de simulations et plus de respect sur le rectangle vert, il y aurait moins de fautes d’arbitrage, soyez-en sûrs…

Le public : banderoles aux slogans stupides, homophobes, sexistes et racistes, cris de singe envers des joueurs de couleur, insultes envers l’arbitre, doigts d’honneur, adversaire sifflé, bagarres, haine de l’adversaire, etc.

Les commentateurs et consultants : comment peut-on laisser dire à un consultant qu’un joueur a fait « une faute intelligente » alors qu’il a cisaillé son adversaire à 40 mètres du but pour l’empêcher de développer une action dangereuse ? Comment peut-on laisser dire qu’une banderole stupide et pleine de haine, voire proche de l’incitation au crime, ou qu’une figurine représentant un joueur pendu, « fait partie du jeu des supporters » et du « folklore » ? Etc.

simulationBref, ce ne sont là que quelques exemples. Et ce n’est pas limité au haut niveau (bien que l’exemple vienne clairement toujours d’en haut : si une « star » simule, le gamin en fera de même en match, pour suivre son modèle). Mais allez voir un match de district près de chez vous le dimanche matin pour vous apercevoir à quel point le mal est profond…

Soyons clair, d’autres sports ne sont pas exempts de tous reproches (en basket, le public siffle l’adversaire lors d’un lancer franc, ce qui n’est pas très reluisant non plus ; Des dérives commencent à arriver chez certains jeunes en tennis ; Et ne parlons pas du dopage dans d’autres sports comme l’athlétisme ou le cyclisme, pour ne parler que d’eux – mais ils ne sont pas les seuls à être touchés par ce fléau de la triche au sens large).

simulation-entraineur_79012_w460Cependant, aucun sport ne concentre autant de dérives humaines que le football. Pourquoi ? Parce qu’il est un reflet de notre société et/où de ce que nous sommes au fond de nous ? Peut-être… Mais ce que je ne comprends pas, c’est que ni la FIFA ni l’UEFA (ni les fédérations nationales) n’ont tenté quoi que ce soit de crédible depuis des années pour endiguer ces faits. Il y aurait pourtant tellement à faire… Les moyens financiers à la disposition de ces instances dirigeantes sont pourtant énormes (mais mal répartis, comme les dernières affaires nous l’ont appris ?). Alors, pourquoi ne font-elles rien ?

En tout cas, si l’une de mes filles m’avait dit un jour qu’elle voulait jouer au foot, j’aurais été bien embêté. Car si j’adore ce sport en lui-même, les valeurs qu’il véhicule me posent réellement problème. Et le fait que rien ne soit fait par quiconque pour aller contre cette situation me désole… En espérant que cela change à l’avenir pour que notre monde ne se nivelle pas par le bas. Alors, restons positif et optimiste…

Toujours est-il que, sur ce blog, je vais essayer d’expliquer ma vision de ce sport, de ses dérives et de ce qu’il faudrait changer, selon moi, pour que les valeurs qu’il transmet au quotidien et de façon universelle, s’améliorent. A mon humble niveau avec, je l’espère, l’aide de vos commentaires (constructifs, cela va sans dire 🙂 ).

Et, allez, pour terminer cette introduction, parce que parfois il vaut mieux en rire (parce qu’à ce niveau-là c’est risible. Et ça confine même parfois au sublime 🙂 ), une petite vidéo pour illustrer tout cela :

Alors que le foot, c’est comme ça qu’on le voudrait :

A très bientôt pour de nouveaux articles sur « On refait le foot« …

Crédit photos : YahooFrance 3, Culture vie, Gentside.

6 Comments

  1. Pour certains joueurs dans la vidéo, la douleur ne semble pas feinte. Un claquage tout simple peut arriver n’importe quand. Les organismes sont souvent poussés à bout

  2. Le foot reste le seul sport en France qui fait cohabiter tout le monde. J’ai joué au foot mais également à d’autres sports collectifs, cela doit à mon avis expliqué en parti certains constats faits ici.

    Après, le foot est aussi « victime » de certains clichés. Au rugby par exemple, tout n’est pas rose non plus. Je suis plusieurs fois allé voir du rugby et tous les spectateurs, joueurs et entraîneurs n’ont pas le fair play si légendaire. Quand il y a des déparapages, on en fait juste pas des tonnes.

    http://www.rugbyrama.fr/rugby/top-14/2013-2014/top-14-le-nouveau-tacle-de-mourad-boudjellal-envers-larbitrage-francais_sto4100894/story.shtml

    https://www.youtube.com/watch?v=OOM4MN6qnic

    https://www.youtube.com/watch?v=FBXWY9YTd6o

    Par contre, c’est clair que la fifa semble bien plus corrompu que le reste (peut etre à part le CIO)

    • Olivier Andrieu

      26 juillet 2016 at 13 h 04 min

      Oui c’est ce que j’ai tenté d’expliquer dans l’article ci-dessus : tous les sports ne sont pas à l’abri des dérives (ne soyons pas naïf, la nature humaine est ce qu’elle est…) mais dans la plupart des sports, cela reste globalement l’exception… Pour ce qui est du rugby, j’ai assisté en tribunes à quelques matchs, et l’ambiance globale est quand même largement plus respirable qu’au foot… Le problème du football est bien la répétition et le côté quasi institutionnalisé de la simulation, du crachat, de la triche, etc. Plus personne ne semble s’en émouvoir… Et c’est le but de ce site que d’essaye d’apporter une réflexion sur les remèdes potentiels à apporter…

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